PORTRAIT : ROGER CALVET

Il est de ceux qui sont à l’origine de notre discipline, pour autant, son humilité, son tact légendaire et sa gentillesse font qu’il ne s’est jamais attribué la pérennité de la discipline. Ayant récemment fêter ses 65 printemps, il dispute cette année sa 46ème année de compétition.

 

Celui qui fait oublier l’image du dentiste tyrannique, c’est le jeune retraité, Roger CALVET. Monsieur Calvet aimerions nous dire, mais point trop n’en faut au risque de le mettre mal à l’aise.


Adolescent, le jeune Roger est passionné de moto avec ses deux frères. Issus d’une famille de neuf enfants, ces trois-là s’offrent un séjour en Angleterre pour assister à une course de Moto Cross. En parallèle, une démonstration attirent leur attention, mettant en scène des voitures revisitées qui partagent la piste avec des tubes cintrés sur lesquels on a fixé des roues et installé un moteur, qu’on appelle Buggy.

 

En rentrant, les garçons se précipitent dans les ateliers familiaux et construisent leurs premières montures. Ces trois-là se font repérés dans le canton de Morlhon dans l’Aveyron, passant leur weekend à rouler dans les champs au volant de leur machines diaboliques. Puis c’est le partenariat avec un Team du Rouergue et la construction d’un circuit à Morlhon. C’est le 10 octobre 1971 que Roger CALVET dispute sa première compétition d’Autocross ou sont également invités à participer les « gars » de Toulouse au volant de leur Dauphine et de leur 4 CV, à l’image notamment d’un certain Jean Claude DAYRAUT. Ça y est l’Autocross est bel et bien lancé dans le sud de la France.

 

Etudiant pour devenir Chirurgien-Dentiste, Roger ne peut pas disputer la totalité des épreuves pendant les années FAC, il ne disputait alors que les épreuves qui avait lieu du 15 Juin à la fin septembre.

 

Roger CALVET dispute cette année sa 46ème saison : « Au début il n’y avait pas de Licence, la FFSA a pris ça en charge quelques années après ». Ce passionné de mécaniques et de conception a tout connu : « Apres avoir couru avec des moteurs de R8, Gordini 1000 puis 1296cm3, nous sommes passés au 2litres R20TS, F3 Renault, Renault Turbo Europa Cup, puis passage au PRV24S en 3.5 litres avec mon ami Pierrot Saubiac, le BMWE36 et E46 en 3.5 litres. Ensuite, passage au 4litres avec un Nissan VQ 40 pour finir avec un Renault 2 litres turbo. Enfin depuis 2012 je suis passé aux moteurs de moto ».

 

Roger porte un regard intéressant sur l’évolution de notre discipline : « Je me réjouis de l’apport des Sprint Car, ils ont donné un nouveau souffle à la discipline, il y a encore quelques années, on assistait à une valse des spectateurs sur les butes, les fans de Sprint Car ne regardaient pas l’Autocross et vice-versa. Aujourd’hui ce n’est plus le cas ».

 

Quant à l’avenir de la discipline, Roger se veut confiant même si les moyens financiers empêchent aujourd’hui les plus jeunes de concilier vie personnelle et sportive « Aujourd’hui, l’arrivé d’un enfant ou la construction d’une maison obligent les pilotes à suspendre leur participation. Nous avons perdu énormément d’épreuves, celles qui restent sont de très bons niveaux, même si ma piste préférée reste Mauron, c’est encore un tracé traditionnel, avec de la Terre ».

 

Pour Roger, la discipline à de belles années devant elle, les catégories de promotion permettent l’arrivée régulières de nouveaux pilotes.

 

Roger, sans jouer les moralisateurs à un message pour les plus jeunes : « Ne négligez pas la sécurité et apportez, tant que vous pouvez, votre soutien aux épreuves régionales, je sais que disputer un TOP 5 du Championnat de France demande un investissement à 100%, pour autant, nos épreuves régionales souffrent ».

 

Ne lui parlez pas de retraite : « Tant que j’ai la santé je continuerai, même si les déplacements les plus éloignés me coûtent un peu, ce n’est pas grave. » Passer de l’autre côté et rejoindre les instances dirigeantes : « Je roulerais tant que je pourrais, si j’arrête, ça sera à cause de la santé, je ne pourrais donc plus me déplacer sur les épreuves ».

 

Son plus beau souvenir restera sa victoire à Elne en 2009, quasi à domicile.
Sa plus belle fierté sera d’avoir amené son châssis sorti de son imagination à la place de vice-champion cette même année, avec le soutien de Christian, son frère, tous deux inséparables sur les circuits.

 

C’est une histoire de famille chez les CALVET, les neveux assurent la gestion d’un site internet dédié à notre discipline et réalisent en ce moment même un travail énorme de numérisation de vidéos des débuts de « Tonton Roger » que vous pouvez retrouver en tapant RETR’AUTOCROSS sur Youtube.